ILS DÉNONCENT UNE INQUIÉTANTE REMISE EN QUESTION DE LEURS DROITS

LE SALE TEMPS DES "GITANS "

REPORTAGE ⎮ SÉBASTIEN DI SILVESTRO

Alors que le gouvernement a annoncé la destruction de 600 camps illégaux sous 3 mois, seuls 200 visent ceux de ressortissants roumains. Les autres sont occupés par des français, gens du voyage, ayant souvent échoué sur des terrains illégaux à force de trouver portes closes. Si les vastes regroupements de caravanes tels que celui de Bordeaux sont assez nombreux pour entamer un bras de fer avec les mairies, « la tradition du voyage » des campements familiaux se résume de loin en loin à une succession d’exils amers.  Avec un statut administratif de quasi « SDF encadrés »,  obtenir des papiers d’identité, scolariser les enfants,  s’inscrire au registre du commerce, voter, est devenu un combat tristement répétitif…  «  Ils sont traités comme des étrangers, sans compter le carnet de circulation qui oblige même les enfants, à partir de 16 ans, à pointer à la gendarmerie ou à la police tous les 3 mois. C’est le prolongement des heures noires des passeports anthropométriques ! », s’indigne l’abbé Jacques Neu, un « Rachaï », un aumônier des gitans depuis 40 ans. En pèlerinage à Lourdes, il prie pour que la montée des amalgames et des difficultés juridiques qui asphyxient l’exercice des métiers traditionnels de ses ouailles ne sonnent, en France, le glas du temps des voyageurs.

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